Une seule chute peut tout changer. Une personne parfaitement autonome se retrouve, après une fracture du col du fémur, alitée et dépendante d’autrui. Et cela survient presque toujours à domicile — dans le lieu réputé le plus sûr.
La bonne nouvelle : la plupart des dangers domestiques se corrigent en une à deux heures, à faible coût et sans travaux. Voici la liste de contrôle que nous recommandons à chaque famille — nourrie par ce que nous voyons de près lors de nos visites à domicile.
La salle de bains — la pièce la plus dangereuse
Sol mouillé, surfaces glissantes et espace exigu. C’est ici qu’il faut commencer :
- Bandes antidérapantes ou tapis dans la douche et la baignoire.
- Barres d’appui fixées au mur près de la douche et des toilettes. Ne comptez pas sur un porte-serviettes ou sur la porte de douche — ils ne sont pas conçus pour supporter le poids d’une personne.
- Un siège de douche — une personne qui peine à rester debout longtemps ne doit pas « faire un effort », elle doit s’asseoir.
- Un rehausseur de toilettes facilite beaucoup le relevé.
- Retirez le verrou de la porte de la salle de bains, ou assurez-vous qu’elle peut être ouverte de l’extérieur en cas d’urgence.
L’éclairage — ce qui améliore le plus la sécurité
La vue baisse avec l’âge, et dans l’obscurité le cerveau comble des détails qui n’existent pas.
- Une veilleuse sur le trajet du lit aux toilettes. C’est le trajet où surviennent le plus de chutes nocturnes.
- Un interrupteur près du lit — pour ne pas avoir à traverser une pièce sombre.
- Remplacez immédiatement les ampoules grillées, et augmentez le niveau d’éclairage dans les couloirs et les escaliers.
- Des interrupteurs lumineux sont faciles à repérer la nuit.
Passages et sols
- Enlevez les petits tapis ou fixez-les avec de l’adhésif double face. Un tapis qui se replie est la première cause de chute au salon.
- Dégagez les câbles électriques des passages.
- Les meubles — gardez un chemin dégagé du lit vers la porte, les toilettes et la cuisine.
- Les escaliers — une main courante solide des deux côtés si possible, et un marquage bien visible sur la première et la dernière marche.
La cuisine
- Placez la vaisselle et les aliments du quotidien à hauteur commode — entre la taille et l’épaule. Il ne doit pas être nécessaire de monter sur une chaise.
- Vérifiez que le gaz est bien fermé. En cas de risque d’oubli, envisagez des plaques électriques à coupure automatique.
- Un petit extincteur ou une couverture anti-feu à portée de main.
Communication et urgences
C’est la partie que l’on saute le plus souvent :
- Un téléphone accessible depuis chaque pièce, ou un portable gardé sur soi.
- Un bouton d’appel d’urgence — parfois fourni dans le cadre de l’allocation de dépendance.
- Une liste de numéros en gros caractères sur le réfrigérateur : famille, voisin, secours, médecin.
- Une clé chez un voisin ou un proche — pour qu’une porte verrouillée ne se transforme pas en heures d’attente.
- Si la personne vit seule, instaurez un appel quotidien. Un appel bref, à la même heure chaque jour. Un appel sans réponse est un signal, pas une gêne.
Ce qui ne figure pas sur la liste
Un bon contrôle de sécurité regarde aussi ce qui manque : un réfrigérateur vide, des médicaments non pris, du courrier qui s’accumule, un logement qui n’est plus entretenu. Ce sont des signes que la personne a besoin d’aide — pas seulement le logement.
Nous avons développé ce point dans comment repérer qu’un proche âgé a besoin d’aide.
Faites-le avec elle, pas à sa place
Un dernier conseil, et le plus important : parcourez la liste avec la personne âgée, et non sans elle. Un changement décidé au-dessus de sa tête est vécu comme une perte de contrôle, et se heurte souvent à une résistance précisément lorsqu’il est justifié.
« Je veux que tu sois à l’aise » fonctionne bien mieux que « tu risques de tomber ».
À Yamim Tovim Ashdod, nous entrons chez des personnes âgées vivant seules et voyons ces manques de près. Si vous connaissez à Ashdod une personne âgée vivant seule sans personne pour veiller sur elle, dites-le-nous. Et si vous souhaitez être celui ou celle qui franchit la porte, vous pouvez devenir bénévole ou faire un don.
